LOUIS LEFEBVRE et les CRYPTO-JUIFS du Québec (1984) CONFIRMÉS SCIENTIFIQUEMENT en 2021 !

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CORBEAU
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LOUIS LEFEBVRE et les CRYPTO-JUIFS du Québec (1984) CONFIRMÉS SCIENTIFIQUEMENT en 2021 !

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En effet, l’article de la chercheuse démontre que de nombreux arrivants en Nouvelle-France avaient des origines juives !

ENQUÊTE SUR LES ORIGINES JUIVES SÉFARADES DES CANADIENS FRANÇAIS DE L'ÉPOQUE COLONIALE À TRAVERS DES PREUVES GÉNÉTIQUES ET HISTORIQUES

Auteur Elizabeth Hirschman


Résumé
L'Inquisition espagnole de 1492 entraîna la mort de milliers de Juifs espagnols et l'exil d'environ 150 000 autres. On suppose que les Huguenots et les Acadiens qui s'établirent dans le Canada français colonial étaient de confession et d'ascendance chrétiennes. Pour étayer cette hypothèse, le chercheur utilise une approche novatrice combinant documents et artefacts historiques, généalogies et tests ADN. Ces dernières années, cette approche a permis de découvrir que plusieurs colons des colonies de Plymouth, des Appalaches centrales et de Roanoke étaient d'origine juive séfarade. Ainsi, grâce à cette nouvelle méthodologie de traçage de l'ADN ancestral, le chercheur démontre que la majorité des colons huguenots et acadiens du Canada français étaient d'ascendance juive séfarade. Ils descendent très probablement de Juifs séfarades ayant fui la péninsule Ibérique pour se réfugier en France à la fin du XIVe et au début du XVIe siècle. Le chercheur suggère en outre que certains membres des deux groupes ont continué à pratiquer le judaïsme dans le Nouveau Monde, devenant ainsi des juifs clandestins ou des crypto-juifs. Il trouve également des preuves d'une ascendance juive ashkénaze dans les deux groupes.

1. Introduction
En 1492, l'Inquisition espagnole entraîna la mort de milliers de Juifs espagnols et l'exil d'environ 150 000 autres. Ces exilés, appelés Séfarades, fuirent le long des côtes méditerranéennes et atlantiques, et, au cours des décennies et des siècles suivants, se rendirent aussi loin au nord que les Pays-Bas, la France, l'Angleterre, l'Écosse et le Pays de Galles, et aussi loin à l'ouest que l'Empire ottoman (Assis, 1988 ; Dan, 1992 ; Gampel, 1992). Le chercheur propose que certains des Juifs séfarades ayant fui en France aient par la suite formé les groupes coloniaux canadiens-français appelés Acadiens et Huguenots. Pour étayer cette hypothèse, le chercheur utilise une combinaison originale de méthodes, s'appuyant sur des documents et des artefacts historiques, des généalogies et des tests ADN. Ces dernières années, cette combinaison de méthodes a permis de découvrir que plusieurs colons de la colonie de Plymouth, des colonies des Appalaches centrales et de la colonie de Roanoke étaient d'origine juive séfarade (Hirschman et al., 2018 ; 2019a ; 2019b). Pour tester cette hypothèse, le chercheur a utilisé des bases de données ADN accessibles au public concernant les Huguenots français et les Acadiens de l'époque coloniale (www.ftdna.com) et a directement établi un lien entre ces personnes et les bases de données ADN des Juifs séfarades (www.ftdna.com). Le chercheur commence par examiner le plus ancien ouvrage historique disponible sur les Huguenots et les Acadiens : *Histoire de l'immigration huguenote en Amérique* (1885) de Charles Washington Baird.

1.1. Histoire de l'immigration huguenote en Amérique (1885)
Baird est un Canadien français de confession huguenote. Il ressort clairement de ses écrits qu'il croit fermement que les huguenots étaient authentiquement protestants, tant en France qu'à leur arrivée en Amérique du Nord. Cependant, Baird écrivait à une époque où le protestantisme était considéré comme la norme en Amérique du Nord (Glozier, 2002). Le catholicisme et le judaïsme étaient tous deux fortement suspectés socialement, perçus comme des influences « étrangères » sur la culture protestante. L'arrivée massive de catholiques irlandais au milieu du XIXe siècle et le flux déferlant de juifs d'Europe de l'Est, de catholiques italiens et de chrétiens orthodoxes dans la seconde moitié de ce siècle ont fait de la documentation de son protestantisme ouest-européen une obsession pour nombre de ceux qui résidaient déjà aux États-Unis. Ce n'est pas un hasard si de nombreuses sociétés généalogiques américaines, telles que les Colonial Dames (1890), les Daughters of the American Revolution (1890) et la Mayflower Society (1897), ont été fondées à cette époque.

Ainsi, l'ouvrage de Baird (1885) peut être considéré comme s'inscrivant dans cette même volonté de certifier ses racines ancestrales protestantes.

La tentative d'établir une colonie française en Amérique du Nord a connu des débuts difficiles.

Les explorateurs français, tels que Jacques Cartier et Samuel de Champlain, avaient exploré les côtes de ce qui est aujourd'hui la Nouvelle-Écosse, le Maine et la voie maritime du Saint-Laurent au XVIe siècle ; et, bien avant cela, des pêcheurs de morue français et basques y avaient établi des camps d'été (Adams et al., 1991 ; Lotz Heumann, 2012). Baird (1885, p. 18) rapporte que les premiers colons permanents de la Nouvelle-France furent les volontaires huguenots protestants, ainsi que des personnes « glanées dans les prisons de France ».

L’ouvrage de Baird (1885) montre que la population huguenote en France était principalement concentrée dans les ports de la côte ouest, notamment à La Rochelle, Rouen et Dieppe.

Depuis ces villes, les huguenots contrôlaient la majeure partie de l’économie française, exerçant les professions de marchands, d’armateurs transocéaniques, de banquiers et d’entrepreneurs. De plus, ces commerçants huguenots parlaient souvent plusieurs langues, comme l’anglais, l’espagnol, le néerlandais et l’allemand, et avaient des contacts d’affaires dans ces pays. Comme le souligne Baird, les huguenots étaient les moteurs de l’économie de France ; cela leur offrait une certaine protection contre l'examen du clergé catholique romain, mais engendrait également du ressentiment. En 1599, un huguenot nommé Pierre Chauvin fut chargé par le roi de France Henri IV de « coloniser l'Amérique » (Baird, 1885). Nombre d'entrepreneurs et de bailleurs de fonds du projet étaient des huguenots français de La Rochelle.

Parallèlement aux explorations françaises et à l'établissement de comptoirs commerciaux le long de ce qui allait devenir la côte du Québec et du Maine, les Britanniques étendaient également leurs efforts de colonisation au nord de la baie du Massachusetts. Comme le rapporte Baird (1885, p. 112) : « En 1621, Jacques Ier… céda à l'un de ses sujets, Sir William Alexander – futur comte de Stirling – toute la région à l'est de la rivière Sainte-Croix et au sud du Saint-Laurent… La concession comprenait toute la colonie française d'Acadie et devait être connue sous le nom de Nouvelle-Écosse. » Ce fut une bonne nouvelle pour les nombreux huguenots français qui avaient déjà émigré en Angleterre et en Écosse et souhaitaient contribuer à l'effort de colonisation anglais. Baird souligne par ailleurs que les Britanniques savaient pertinemment que plusieurs Acadiens « catholiques » étaient en réalité des protestants huguenots (Baird, 1885, p. 132).

En France, cependant, la situation politique devint rapidement plus précaire pour les huguenots. L'Église catholique romaine gagnait les faveurs de la monarchie française et, à la fin des années 1650 et au début des années 1660, un grand nombre de protestants fuyaient la France pour l'Angleterre, les Pays-Bas et leurs colonies américaines, comme la Nouvelle-Amsterdam. Finalement, en 1685, l'édit de Nantes, qui garantissait aux protestants de France leurs libertés civiles et religieuses, fut entièrement abrogé par Louis XIV (Baird 1885). Mais, même avant cela, certains lieux de culte huguenots avaient été incendiés et pillés. Comme l'écrit Baird (1885, p. 246) : « Ainsi, le temple de Saint-Hippolyte dans la région des Cévennes fut démoli en 1681, le temple de Milhaud en Languedoc fut démoli en 1682… le temple d'Usez en Languedoc fut détruit en 1676. »

Il est à noter que les Huguenots appelaient leurs lieux de culte des temples, tout comme les Juifs avant d'être exilés de Jérusalem par les Romains en 70 apr. J.-C. De plus, les passages bibliques utilisés lors du culte huguenot étaient les Psaumes de David, et non les Évangiles de Jésus. Baird (1885, p. 272) nous donne un indice supplémentaire : « (À La Rochelle) … l’entrée d’une maison huguenote d’autrefois était souvent reconnaissable à une inscription pieuse, fréquemment un texte biblique ou un verset des psaumes, à lire au-dessus de la porte ». Ceux qui connaissent le judaïsme traditionnel reconnaîtront dans cette pratique la présence d’une mezouza au portail d’entrée. Les huguenots utilisaient souvent la fleur de lys pour orner leurs portes ; ce symbole n’est pas seulement représentatif de la lignée davidique juive, mais aussi un emblème utilisé par la monarchie française, ce qui le rendait acceptable en France et dans ses colonies comme signe de soutien à la monarchie.

Source : https://ideas.repec.org/a/aui/lassij/v5 ... ly%201500s

À suivre ...


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LOUIS LEFEBVRE et les CRYPTO-JUIFS du Québec (1984) CONFIRMÉS SCIENTIFIQUEMENT en 2021 ! (SUITE)

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ENQUÊTE SUR LES ORIGINES JUIVES SÉFARADES DES CANADIENS FRANÇAIS DE L'ÉPOQUE COLONIALE À TRAVERS DES PREUVES GÉNÉTIQUES ET HISTORIQUES
Auteur Elizabeth Hirschman (SUITE)


Baird (1885, p. 276) décrit ainsi le Grand Temple des Huguenots de La Rochelle : « Le principal ornement extérieur de ce lieu de culte était une pierre finement sculptée au-dessus de l’entrée principale, ornée des armoiries des rois de France et de Navarre (c’est-à-dire la fleur de lys). À l’intérieur, se distinguant des simples bancs, des sièges élevés étaient réservés aux magistrats de la ville, aux ministres et aux membres du consistoire. Sur le mur près de la chaire se trouvait une tablette portant les Dix Commandements de la Loi de Dieu en lettres d’or sur fond bleu.»

Ceux qui connaissent le judaïsme reconnaîtront dans cette description une grande similitude avec les temples juifs de la même époque. Deux images sont présentées pour l’illustrer ci-dessous. Le premier est le temple huguenot de La Rochelle, en France. En dessous, une photographie de l'intérieur de ce même temple aujourd'hui. Comme on peut le constater sur la photo de l'intérieur, aucune icône ni croix n'est exposée dans le sanctuaire. De plus, en affichant « les armoiries des rois de France et de Navarre » – à savoir la fleur de lys – à l'extérieur de leur temple, les fidèles utilisaient un ancien symbole juif.

Baird (1885) fournit des listes exhaustives des colons huguenots qui se sont installés à travers l'Amérique du Nord – formant des communautés à New York, dans le Maine, en Nouvelle-Écosse, au Québec, au Massachusetts, à Rhode Island, en Caroline du Sud, en Louisiane, en Caroline du Nord, au Connecticut et en Virginie. Ils sont devenus les porte-étendards de la société huguenote dans le Nouveau Monde – occupant des fonctions politiques, servant comme officiers militaires, établissant d'importantes activités de transport maritime et agricoles du Canada à la Caroline du Sud et à la Louisiane (Baird, 1885). Comme le démontrera le chercheur, les descendants de nombreux huguenots de l'élite possèdent un ADN révélant une ascendance juive.

1.2. Les colons huguenots dans la province française de Québec
Le chercheur examine de plus près la province française de Québec à l'époque coloniale. L'ouvrage de Lacoursière et Philpot (2009), Une histoire populaire du Québec, est considéré comme la référence principale sur le Québec colonial. Leur présentation débute en 1534, lorsque Jacques Cartier, un huguenot, et son équipage débarquent en Gaspésie et plantent un drapeau proclamant « Vive le roi de France ». Malgré cette proclamation solennelle, la colonisation française de ces terres nouvellement acquises fut généralement faible et inefficace. Les huguenots français poursuivirent néanmoins leurs efforts, utilisant la région comme poste de traite des fourrures et campement de pêche. Les neveux de Cartier, Jean et Michel Noël, poursuivirent ses efforts pour établir une colonie permanente. Les terres sur lesquelles s'installèrent les Huguenots changèrent de mains à plusieurs reprises entre la France et la Grande-Bretagne au cours des quarante années suivantes. Selon les périodes, les colons huguenots furent bien ou mal traités par leurs suzerains français et anglais (Lacoursière & Philpot, 2009). En 1663, Louis IX prit le contrôle de la colonie française, à l'instar de Jacques Ier à Jamestown en 1623, et envoya des huguenots supplémentaires dans la province de Québec. Nombre de ces nouveaux arrivants furent attirés par la promesse de bonnes terres agricoles et de liberté religieuse (Lacoursière & Philpot, 2009). Comme la plupart de ces colons étaient des hommes, le roi envoya plus de 850 femmes célibataires, en vue de leur mariage. Les familles nouvellement formées se voyaient promettre une allocation de 300 livres sterling par an si elles avaient 10 enfants, et de 400 livres sterling par an si elles en avaient 12 (LaCoursière & Philpot, 2009). Il en résulta une population génétiquement homogène au cours des décennies suivantes, car peu de nouveaux colons arrivèrent et les nombreux enfants durent trouver des conjoints parmi leurs cousins. Ainsi, le nombre de noms de famille différents (et d'ascendances génétiques) est faible par rapport à la taille globale de la population canadienne-française.

En 1689, la population du Canada français était de 10 700 personnes ; en comparaison, la population des colonies anglaises d'Amérique du Nord était de 160 000 personnes (LaCoursière & Philpot, 2009). De toute évidence, les Français étaient mal préparés pour défendre leur colonie contre les tentatives d'annexion des Britanniques. En 1713, la Grande-Bretagne avait triomphé dans la colonisation de l'Amérique du Nord : le traité d'Utrecht fut signé, donnant à la Grande-Bretagne la propriété de l'Acadie, de Terre-Neuve et de la baie d'Hudson.

1.3. Les Acadiens
Les Acadiens sont un groupe ethnique du Canada français qui, dans la culture populaire et certaines ethnographies, sont souvent décrits par opposition aux huguenots protestants. Les Acadiens, également appelés « Cajuns », sont réputés être de fervents catholiques et composés principalement de paysans français amenés comme colons au début du XVIIe siècle pour s'installer en Acadie, province qui fait aujourd'hui partie du Canada et du Maine (Griffiths, 2001 ; Hodson, 2012 ; Jobb, 2004 ; Plank, 2001 ; Reid, 1981 ; 2004).

Cependant, comme le chercheur l'explique ci-dessous, l'Acadie était en grande partie un projet entrepreneurial protestant français.
Examinons de plus près les origines et l'identité des Acadiens. En 1606, le navire Jonas quitta le port huguenot de La Rochelle avec quarante hommes à son bord. Le navire et son équipage étaient sous le commandement de Jean de Biencourt, un associé de Pierre du Gua, sieur de Monts, capitaine général de la Nouvelle-France. Tous deux étaient des huguenots protestants (Faragher, 2005).

Ensemble, ils fondèrent l'Acadie, une entreprise de commerce et de colonisation.

En 1630, Isaac de Razilly devint gouverneur de l'Acadie et amena les premières familles françaises à bord du Saint Jehan, qui quitta La Rochelle, port huguenot, le 1er avril 1636.

Ces familles étaient également protestantes. D'autres navires suivirent et l'Acadie devint une colonie de colons français permanents, y compris des femmes et des enfants. Kennedy (2014) soutient que ces immigrants français, originaires de Vienne et d'Aquitaine, ont apporté en Acadie leurs coutumes et leur structure sociale. Il propose qu'une culture acadienne distincte ait émergé de leur adaptation des pratiques, institutions et idées françaises traditionnelles à l'environnement amérindien. Notamment, les régions de France d'où provenaient ces colons acadiens se situaient près de la côte ouest, où des Juifs séfarades se sont installés après leur exil d'Ibérie. Ainsi, bien que le chercheur conteste la caractérisation des colons acadiens comme « peuple de la frontière » proposée par Kennedy (2014), il partage son avis sur leur esprit d'entreprise, leur engagement politique et leur indépendance. Un examen plus approfondi de certains colons confirme ce point de vue. Par exemple, Faragher (2005, p. 3) affirme que « John de Beincourt avait choisi des hommes de sa région natale, des parents et des associés, dont son fils Charles, âgé de 15 ans, et son cousin par alliance, Louis Hébert, un jeune apothicaire passionné d’horticulture… qui comptait superviser la construction du premier chai et moulin à grains d’Amérique du Nord, et son avocat, Marc LesCarbot… pour officier comme notaire et historien de la colonie ». Ceci confirme l’hypothèse selon laquelle l’Acadie a débuté comme une entreprise huguenote.

Plus loin, Faragher (2005, p. 20) reconnaît que les premiers colons acadiens « n’ont pas cherché à imposer l’exclusion religieuse, [cependant] les huguenots ont dissimulé leur identité religieuse ». Notamment, le second fils de Biencourt, Jacques de Salazar, vint également dans la colonie de son père (Faragher 2005). Salazar est un nom de famille séfarade-portugais important (www.sephardim.co).

Source : https://ideas.repec.org/a/aui/lassij/v5 ... ly%201500s


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LOUIS LEFEBVRE et les CRYPTO-JUIFS du Québec (1984) CONFIRMÉS SCIENTIFIQUEMENT en 2021 ! (SUITE)

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ENQUÊTE SUR LES ORIGINES JUIVES SÉFARADES DES CANADIENS FRANÇAIS DE L'ÉPOQUE COLONIALE À TRAVERS DES PREUVES GÉNÉTIQUES ET HISTORIQUES
Auteur Elizabeth Hirschman (SUITE et FIN)


En 1626, plusieurs alliances s'étaient formées entre les réfugiés huguenots arrivés en Angleterre et les huguenots qui tentaient de coloniser l'Acadie. En particulier, John et David Kirke, fils d'un marchand écossais et d'une huguenote française de Dieppe, avaient récemment capturé le capitaine huguenot français Claude LaTour et « constatèrent qu'ils avaient beaucoup en commun » (Faragher, 2005, p. 40). « Quelques mois après sa “capture”, il renonça formellement à son allégeance à Louis III de France et prêta serment de fidélité à Charles Ier de Grande-Bretagne… LaTour épousa ensuite… une noble anglaise… parente de Sir William Alexander ». Alexander avait mené certaines des premières tentatives – infructueuses – de création d’une colonie britannique au Canada.

Les Français tentèrent à nouveau de s’installer en Acadie en 1636. De nouveau, embarquant à bord de La Rochelle, les passagers comprenaient des huguenots de Dijon, des charpentiers basques et des vignerons de Bordeaux. Parmi les noms de famille figuraient Trahan, Charbonneau, Martin, Vigneau, Lejeune, Thériot, Gaudet, Aucoin et Salle. Au total, 200 personnes étaient désormais installées à Port Royal en Acadie, « unies par les liens du sang et la culture », comme l'écrit Faragher (2005, p. 45).

Elles allaient constituer le socle culturel et génétique de l'Acadie. Au cours des trente années suivantes, la colonie connut une croissance lente. Officiellement catholique, elle exigeait de ses nouveaux arrivants qu'ils se déclarent affiliés à l'Église romaine. Cependant, en réalité, sa population était ethniquement mixte, comprenant non seulement les hommes protestants anglais, mais aussi des personnes originaires des Açores, du Portugal, d'Espagne et du Pays basque (Farragher 2005) – autant de régions d'où les Séfarades avaient fui ou où ils s'étaient réfugiés pendant l'Inquisition.

En 1654, les Britanniques prirent le contrôle de l'Acadie et le conservèrent pendant 20 ans, période durant laquelle, il n'y eut ni prêtres ni services catholiques dans la colonie (Faragher, 2005). Cet historien note également que, bien que le catholicisme soit aujourd'hui considéré comme une composante importante de la culture acadienne, « il n'en constituait en aucun cas le fondement » (Faragher, 2005, p. 66). Même si la France reprit le contrôle de la colonie en 1674, les Acadiens avaient déjà établi des activités commerciales importantes – bien qu'illégales – avec les colonies britanniques, notamment le Massachusetts. Fourrures, poisson et autres marchandises étaient couramment échangés au marché noir, enrichissant certaines familles des deux régions. Compte tenu du contexte politique international, la présence française en Acadie était vouée à disparaître. Au milieu du XVIIIe siècle, la France était affaiblie militairement et économiquement. Elle ne pouvait plus maintenir une colonie si proche de la Nouvelle-Angleterre, prospère et densément peuplée. En 1757, les troupes britanniques entrèrent en Acadie et arrêtèrent une grande partie des habitants, environ 7 000 personnes, mais plus de 12 000 Acadiens s'enfuirent vers l'ouest et le nord (Faragher, 2005). Voici comment Faragher (2005) décrit leur déportation forcée par les Britanniques : « À l’automne 1755, des officiers et des troupes de Nouvelle-Angleterre, agissant sous l’autorité des gouverneurs coloniaux de Nouvelle-Écosse et du Massachusetts, ont systématiquement raflé plus de 7 000 Acadiens – les habitants francophones et catholiques qui vivaient le long des rives de la baie de Fundy. Hommes, femmes et enfants ont été entassés dans des navires de transport et déportés par petits groupes vers d’autres colonies britanniques. De nombreuses familles ont été séparées, à jamais. Dix à douze mille autres Acadiens ont réussi à s’échapper et ont passé des années comme réfugiés… Leurs biens ont été pillés ; leurs communautés ont été incendiées et leurs terres saisies (p. xvii). Le grand dérangement a continué jusqu’à la fin de la guerre de Sept Ans entre la Grande-Bretagne et la France en 1763 (p. xvii) ». Les personnes capturées furent divisées en petits groupes de femmes et d'enfants – généralement sans leurs maris ni leurs frères aînés – et envoyées par bateau vers les différentes colonies britanniques le long de la côte atlantique.

De nombreuses familles, ainsi séparées, ne furent jamais réunies (Faragher, 2005).

Certaines furent envoyées sur des îles britanniques des Caraïbes, tandis que d'autres furent transférées en Virginie, en Amérique du Sud, Caroline et Géorgie ; c’est là que vivent encore aujourd’hui leurs descendants (Hodson, 2012). Mais le groupe le plus important s’est installé en Louisiane, alors sous administration conjointe espagnole et française (Hodson, 2012).

De nombreux Acadiens furent également emmenés par bateau en France, où ils vécurent dans la pauvreté jusqu’en 1785, date à laquelle, appelés par leurs proches restés en Louisiane, 1 596 personnes embarquèrent sur sept navires et les rejoignirent. Les trois quarts de ce groupe s’établirent dans le bayou Lafourche, à l’ouest du fleuve Mississippi. À la fin du XVIIIe siècle, on comptait plus de 4 000 Acadiens installés en Louisiane (Faragher, 2005 ; Hodson, 2012). Plusieurs milliers d’Acadiens vivaient encore au Canada comme réfugiés ; La plupart de ces personnes se sont rendues au Québec, et plus particulièrement à Montréal, où elles ont été rejointes par certains de leurs amis déportés revenant du Connecticut et du Massachusetts (Hodson, 2012).

C’est à ce stade que s’achèvent de nombreux récits sur le peuple acadien, et les chercheurs estiment qu’il s’agit de la conclusion de leur histoire. De plus, c’est à ce stade que le chercheur examine une nouvelle hypothèse : les colons français – acadiens et huguenots – étaient en grande partie des descendants de Juifs séfarades qui s’étaient réfugiés en France après l’Inquisition espagnole de 1492.

Conclusion
Cette étude a démontré, grâce à l'analyse ADN, aux documents historiques et aux artefacts, que les colons canadiens-français de l'époque coloniale, tant les Huguenots que les Acadiens, étaient probablement d'origine juive séfarade, comme supposé dès le départ. Les chercheurs estiment que les données indiquent en outre que certains de ces individus pratiquaient cette religion – au moins dans une certaine mesure – au sein de leurs communautés du Nouveau Monde. Ceci est démontré par la similitude de leurs pratiques de culte en France et dans le Nouveau Monde avec les pratiques juives contemporaines, par exemple, l'affichage des Dix Commandements à l'entrée de leurs temples et l'utilisation de psaumes et de prières hébraïques lors de leurs offices. Mais, plus particulièrement, cela est révélé par leur étroite ascendance génétique avec les Juifs actuels, tant séfarades qu'ashkénazes du judaïsme. Le fait que des personnes partageant une même foi religieuse se soient rassemblées en communautés pendant plusieurs siècles semble indiquer clairement qu'elles étaient conscientes de leur passé religieux et souhaitaient le perpétuer. Le chercheur espère que ces découvertes – et leurs implications ethniques pour le peuplement de l'Amérique du Nord – susciteront une plus grande introspection chez tous ceux dont les ancêtres sont venus au Nouveau Monde en quête de liberté religieuse.

Source : https://ideas.repec.org/a/aui/lassij/v5 ... ly%201500s
PDF : https://scispace.com/pdf/dna-and-histor ... n5z3m7.pdf


P.-S. Pour l'aspect technique de la recherche, veuillez vous référer à l'article complet.


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Un OVNI dans le MONDE de la RECHERCHE !

Message par CORBEAU »

Évidemment, l’article d’Élizabeth C. Hirschman n’a pas été accueilli avec un enthousiasme débordant chez les pontes de la recherche orthodoxe en histoire et génétique des populations.

Cependant, il a le mérite de soulever des éléments difficiles à prouver puisque cachés par définition.

Les aventures de monsieur Richard Lauzon à la recherche de ses ancêtres tendent à le démontrer :


Source : Théories sur l’origine des Québécois https://sadp.wordpress.com/wp-content/u ... a9cois.pdf

Suite de mes réflexions sur une théorie sur l’origine des Québécois https://sadp.wordpress.com/wp-content/u ... a9cois.pdf

Un secret bien gardé… https://sadp.wordpress.com/2010/01/08/u ... ien-garde/

Un secret bien gardé : la fin https://sadp.wordpress.com/2010/01/22/u ... de-la-fin/

2 petites rectifications à apporter à mon premier texte, publié dans le journal de Liaison de l’Association des Familles Lauzon d’Amérique « La Chaudronnée » https://sadp.wordpress.com/2012/06/02/l ... quebecois/


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Ammabaoth
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Re: Un OVNI dans le MONDE de la RECHERCHE !

Message par Ammabaoth »

CORBEAU a écrit : 13 nov. 2025 07:45 Évidemment, l’article d’Élizabeth C. Hirschman n’a pas été accueilli avec un enthousiasme débordant chez les pontes de la recherche orthodoxe en histoire et génétique des populations.

Cependant, il a le mérite de soulever des éléments difficiles à prouver puisque cachés par définition.

Les aventures de monsieur Richard Lauzon à la recherche de ses ancêtres tendent à le démontrer :


Source : Théories sur l’origine des Québécois https://sadp.wordpress.com/wp-content/u ... a9cois.pdf

Suite de mes réflexions sur une théorie sur l’origine des Québécois https://sadp.wordpress.com/wp-content/u ... a9cois.pdf

Un secret bien gardé… https://sadp.wordpress.com/2010/01/08/u ... ien-garde/

Un secret bien gardé : la fin https://sadp.wordpress.com/2010/01/22/u ... de-la-fin/

2 petites rectifications à apporter à mon premier texte, publié dans le journal de Liaison de l’Association des Familles Lauzon d’Amérique « La Chaudronnée » https://sadp.wordpress.com/2012/06/02/l ... quebecois/


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Wow !!!
Très intéressant de voir la réaction du vicaire.
Très intéressant.
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Re: Un OVNI dans le MONDE de la RECHERCHE !

Message par CORBEAU »

Ammabaoth a écrit : 14 nov. 2025 21:36 Wow !!!
Très intéressant de voir la réaction du vicaire.
Très intéressant.
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LOUIS LEFEBVRE PARLE DE CES JUIFS ÉMIGRANT EN NOUVELLE-FRANCE

Message par CORBEAU »

Le Québec et nouvel ordre mondial, selon Louis Lefebvre :
https://www.dailymotion.com/video/xzbh73

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ORIGINES HÉBRAÏQUES DES GÉLINAS DE LA NOUVELLE-FRANCE

Message par CORBEAU »

ORIGINES HÉBRAÏQUES DES GÉLINAS DE LA NOUVELLE-FRANCE

ÉTIENNE GELLINEAU
Ancêtre des Gélinas, Bellemare et Lacourse d'Amérique

D'origine israélite et de nationalité espagnole depuis des siècles, certains membres de la famille émigrent en France lors de l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492.

C'est au tout début du XVIe. siècle que nous retrouvons des Gélida à Bordeaux:

Un Jehan Gélida y est mentionné comme professeur de latin, d'hébreu, et "cantor" - chanteur de louanges, prôneur - dans les premières maisons de prières de ses compatriotes espagnols;

Un autre Jean Gélida, né vers 1493 à Valence (Valencia), Espagne, fait ses premières études dans cette ville et les termine à Paris. En 1527, il publie un traité de philosophie "De quinque universalibus...". En 1536, appelé par son ami André Gouvéa à Bordeaux, il abandonne la direction du Collège du Cardinal Lemoine à Paris pour occuper la chaire de philosophie au Collège de Guyenne. En 1547, lors du départ de Gouvéa pour le Portugal, Gélida le remplace comme principal;

Toujours au XVIe. siècle, des membres de la famille - dont le patronyme s'est déjà francisé, à partir du surnom "Juif Élie", en Juiellineau, Jullineau, Gélineau etc. - vont s'installer dans diverses régions du sud-ouest de la France, notamment au Puy-de-Dôme, à Rouen et à Saintes.

Le 11 Mai 1658, Étienne Gélineau, de Saintes, après avoir discuté avec Arnaud Peré (Perez), agent en France pour Pierre Boucher qui recrute des colons pour la Nouvelle-France, se rend avec son fils Jean chez le notaire Savin à La Rochelle pour signer un contrat de trois ans. Étienne est "marchand sargier et charpentier de gros oeuvre", et son fils Jean n'a que 12 ans. Le 6 Août 1658, Le Taureau, 150 tonneaux, amarre à Québec avec, à son bord, les deux Gélineau. De là, ces derniers se rendent à Cap-de-la-Madeleine où réside Pierre Boucher. Une fois leur contrat terminé, Étienne et Jean se font concéder des terres à labours à Cap-de-la-Madeleine puis, en 1665, un terrain de 44 pi. par 44 dans le "village St-François" ou "fort St-François", pour y construire une maison.

Le 17 Octobre 1667, Jean et sa future épouse Françoise Charlemesnil signent un contrat de mariage devant le notaire Jacques de la Tousche, puis se marient. Par cet acte, ils sont à l'origine de toute la descendance Gélinas, Bellemare et Lacourse en Amérique.

Au tout début du XVIIIe. siècle, leur trois fils, Étienne, Jean-Baptiste et Pierre vont s'installer à Yamachiche, où ils feront souche. Étienne conserve le nom de Gélinas, patronyme utilisé par son père Jean en Nouvelle-France; Jean-Baptiste sera la source des Bellemare, et Pierre celle des Lacourse. D’ailleurs nous retrouvons plusieurs Lacourse lors de la colonisation aux abords du fleuve Mississipi aux États-Unis d’Amérique par Jolliet, Marquette et René-Robert Cavelier de la Salle.

En catalan, Gelida signifie "glacée", adjectif au féminin singulier. En France et en Espagne, nous trouvons encore de nombreuses familles Gelida ou Gellida.

Auteur : Jacques Bellemare
Adaptation : Yves Gélinas
Source: Centre Gélinas sur Internet


Source : http://www.genealogie.org/ancetres/gelinas.htm
Source : Le Centre de généalogie francophone d'Amérique
URL: http://www.genealogie.org
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