LOUIS LEFEBVRE et les CRYPTO-JUIFS du Québec (1984) CONFIRMÉS SCIENTIFIQUEMENT en 2021 !
Publié : 12 nov. 2025 12:41
En effet, l’article de la chercheuse démontre que de nombreux arrivants en Nouvelle-France avaient des origines juives !
ENQUÊTE SUR LES ORIGINES JUIVES SÉFARADES DES CANADIENS FRANÇAIS DE L'ÉPOQUE COLONIALE À TRAVERS DES PREUVES GÉNÉTIQUES ET HISTORIQUES
Auteur Elizabeth Hirschman
Résumé
L'Inquisition espagnole de 1492 entraîna la mort de milliers de Juifs espagnols et l'exil d'environ 150 000 autres. On suppose que les Huguenots et les Acadiens qui s'établirent dans le Canada français colonial étaient de confession et d'ascendance chrétiennes. Pour étayer cette hypothèse, le chercheur utilise une approche novatrice combinant documents et artefacts historiques, généalogies et tests ADN. Ces dernières années, cette approche a permis de découvrir que plusieurs colons des colonies de Plymouth, des Appalaches centrales et de Roanoke étaient d'origine juive séfarade. Ainsi, grâce à cette nouvelle méthodologie de traçage de l'ADN ancestral, le chercheur démontre que la majorité des colons huguenots et acadiens du Canada français étaient d'ascendance juive séfarade. Ils descendent très probablement de Juifs séfarades ayant fui la péninsule Ibérique pour se réfugier en France à la fin du XIVe et au début du XVIe siècle. Le chercheur suggère en outre que certains membres des deux groupes ont continué à pratiquer le judaïsme dans le Nouveau Monde, devenant ainsi des juifs clandestins ou des crypto-juifs. Il trouve également des preuves d'une ascendance juive ashkénaze dans les deux groupes.
1. Introduction
En 1492, l'Inquisition espagnole entraîna la mort de milliers de Juifs espagnols et l'exil d'environ 150 000 autres. Ces exilés, appelés Séfarades, fuirent le long des côtes méditerranéennes et atlantiques, et, au cours des décennies et des siècles suivants, se rendirent aussi loin au nord que les Pays-Bas, la France, l'Angleterre, l'Écosse et le Pays de Galles, et aussi loin à l'ouest que l'Empire ottoman (Assis, 1988 ; Dan, 1992 ; Gampel, 1992). Le chercheur propose que certains des Juifs séfarades ayant fui en France aient par la suite formé les groupes coloniaux canadiens-français appelés Acadiens et Huguenots. Pour étayer cette hypothèse, le chercheur utilise une combinaison originale de méthodes, s'appuyant sur des documents et des artefacts historiques, des généalogies et des tests ADN. Ces dernières années, cette combinaison de méthodes a permis de découvrir que plusieurs colons de la colonie de Plymouth, des colonies des Appalaches centrales et de la colonie de Roanoke étaient d'origine juive séfarade (Hirschman et al., 2018 ; 2019a ; 2019b). Pour tester cette hypothèse, le chercheur a utilisé des bases de données ADN accessibles au public concernant les Huguenots français et les Acadiens de l'époque coloniale (www.ftdna.com) et a directement établi un lien entre ces personnes et les bases de données ADN des Juifs séfarades (www.ftdna.com). Le chercheur commence par examiner le plus ancien ouvrage historique disponible sur les Huguenots et les Acadiens : *Histoire de l'immigration huguenote en Amérique* (1885) de Charles Washington Baird.
1.1. Histoire de l'immigration huguenote en Amérique (1885)
Baird est un Canadien français de confession huguenote. Il ressort clairement de ses écrits qu'il croit fermement que les huguenots étaient authentiquement protestants, tant en France qu'à leur arrivée en Amérique du Nord. Cependant, Baird écrivait à une époque où le protestantisme était considéré comme la norme en Amérique du Nord (Glozier, 2002). Le catholicisme et le judaïsme étaient tous deux fortement suspectés socialement, perçus comme des influences « étrangères » sur la culture protestante. L'arrivée massive de catholiques irlandais au milieu du XIXe siècle et le flux déferlant de juifs d'Europe de l'Est, de catholiques italiens et de chrétiens orthodoxes dans la seconde moitié de ce siècle ont fait de la documentation de son protestantisme ouest-européen une obsession pour nombre de ceux qui résidaient déjà aux États-Unis. Ce n'est pas un hasard si de nombreuses sociétés généalogiques américaines, telles que les Colonial Dames (1890), les Daughters of the American Revolution (1890) et la Mayflower Society (1897), ont été fondées à cette époque.
Ainsi, l'ouvrage de Baird (1885) peut être considéré comme s'inscrivant dans cette même volonté de certifier ses racines ancestrales protestantes.
La tentative d'établir une colonie française en Amérique du Nord a connu des débuts difficiles.
Les explorateurs français, tels que Jacques Cartier et Samuel de Champlain, avaient exploré les côtes de ce qui est aujourd'hui la Nouvelle-Écosse, le Maine et la voie maritime du Saint-Laurent au XVIe siècle ; et, bien avant cela, des pêcheurs de morue français et basques y avaient établi des camps d'été (Adams et al., 1991 ; Lotz Heumann, 2012). Baird (1885, p. 18) rapporte que les premiers colons permanents de la Nouvelle-France furent les volontaires huguenots protestants, ainsi que des personnes « glanées dans les prisons de France ».
L’ouvrage de Baird (1885) montre que la population huguenote en France était principalement concentrée dans les ports de la côte ouest, notamment à La Rochelle, Rouen et Dieppe.
Depuis ces villes, les huguenots contrôlaient la majeure partie de l’économie française, exerçant les professions de marchands, d’armateurs transocéaniques, de banquiers et d’entrepreneurs. De plus, ces commerçants huguenots parlaient souvent plusieurs langues, comme l’anglais, l’espagnol, le néerlandais et l’allemand, et avaient des contacts d’affaires dans ces pays. Comme le souligne Baird, les huguenots étaient les moteurs de l’économie de France ; cela leur offrait une certaine protection contre l'examen du clergé catholique romain, mais engendrait également du ressentiment. En 1599, un huguenot nommé Pierre Chauvin fut chargé par le roi de France Henri IV de « coloniser l'Amérique » (Baird, 1885). Nombre d'entrepreneurs et de bailleurs de fonds du projet étaient des huguenots français de La Rochelle.
Parallèlement aux explorations françaises et à l'établissement de comptoirs commerciaux le long de ce qui allait devenir la côte du Québec et du Maine, les Britanniques étendaient également leurs efforts de colonisation au nord de la baie du Massachusetts. Comme le rapporte Baird (1885, p. 112) : « En 1621, Jacques Ier… céda à l'un de ses sujets, Sir William Alexander – futur comte de Stirling – toute la région à l'est de la rivière Sainte-Croix et au sud du Saint-Laurent… La concession comprenait toute la colonie française d'Acadie et devait être connue sous le nom de Nouvelle-Écosse. » Ce fut une bonne nouvelle pour les nombreux huguenots français qui avaient déjà émigré en Angleterre et en Écosse et souhaitaient contribuer à l'effort de colonisation anglais. Baird souligne par ailleurs que les Britanniques savaient pertinemment que plusieurs Acadiens « catholiques » étaient en réalité des protestants huguenots (Baird, 1885, p. 132).
En France, cependant, la situation politique devint rapidement plus précaire pour les huguenots. L'Église catholique romaine gagnait les faveurs de la monarchie française et, à la fin des années 1650 et au début des années 1660, un grand nombre de protestants fuyaient la France pour l'Angleterre, les Pays-Bas et leurs colonies américaines, comme la Nouvelle-Amsterdam. Finalement, en 1685, l'édit de Nantes, qui garantissait aux protestants de France leurs libertés civiles et religieuses, fut entièrement abrogé par Louis XIV (Baird 1885). Mais, même avant cela, certains lieux de culte huguenots avaient été incendiés et pillés. Comme l'écrit Baird (1885, p. 246) : « Ainsi, le temple de Saint-Hippolyte dans la région des Cévennes fut démoli en 1681, le temple de Milhaud en Languedoc fut démoli en 1682… le temple d'Usez en Languedoc fut détruit en 1676. »
Il est à noter que les Huguenots appelaient leurs lieux de culte des temples, tout comme les Juifs avant d'être exilés de Jérusalem par les Romains en 70 apr. J.-C. De plus, les passages bibliques utilisés lors du culte huguenot étaient les Psaumes de David, et non les Évangiles de Jésus. Baird (1885, p. 272) nous donne un indice supplémentaire : « (À La Rochelle) … l’entrée d’une maison huguenote d’autrefois était souvent reconnaissable à une inscription pieuse, fréquemment un texte biblique ou un verset des psaumes, à lire au-dessus de la porte ». Ceux qui connaissent le judaïsme traditionnel reconnaîtront dans cette pratique la présence d’une mezouza au portail d’entrée. Les huguenots utilisaient souvent la fleur de lys pour orner leurs portes ; ce symbole n’est pas seulement représentatif de la lignée davidique juive, mais aussi un emblème utilisé par la monarchie française, ce qui le rendait acceptable en France et dans ses colonies comme signe de soutien à la monarchie.
Source : https://ideas.repec.org/a/aui/lassij/v5 ... ly%201500s
À suivre ...

ENQUÊTE SUR LES ORIGINES JUIVES SÉFARADES DES CANADIENS FRANÇAIS DE L'ÉPOQUE COLONIALE À TRAVERS DES PREUVES GÉNÉTIQUES ET HISTORIQUES
Auteur Elizabeth Hirschman
Résumé
L'Inquisition espagnole de 1492 entraîna la mort de milliers de Juifs espagnols et l'exil d'environ 150 000 autres. On suppose que les Huguenots et les Acadiens qui s'établirent dans le Canada français colonial étaient de confession et d'ascendance chrétiennes. Pour étayer cette hypothèse, le chercheur utilise une approche novatrice combinant documents et artefacts historiques, généalogies et tests ADN. Ces dernières années, cette approche a permis de découvrir que plusieurs colons des colonies de Plymouth, des Appalaches centrales et de Roanoke étaient d'origine juive séfarade. Ainsi, grâce à cette nouvelle méthodologie de traçage de l'ADN ancestral, le chercheur démontre que la majorité des colons huguenots et acadiens du Canada français étaient d'ascendance juive séfarade. Ils descendent très probablement de Juifs séfarades ayant fui la péninsule Ibérique pour se réfugier en France à la fin du XIVe et au début du XVIe siècle. Le chercheur suggère en outre que certains membres des deux groupes ont continué à pratiquer le judaïsme dans le Nouveau Monde, devenant ainsi des juifs clandestins ou des crypto-juifs. Il trouve également des preuves d'une ascendance juive ashkénaze dans les deux groupes.
1. Introduction
En 1492, l'Inquisition espagnole entraîna la mort de milliers de Juifs espagnols et l'exil d'environ 150 000 autres. Ces exilés, appelés Séfarades, fuirent le long des côtes méditerranéennes et atlantiques, et, au cours des décennies et des siècles suivants, se rendirent aussi loin au nord que les Pays-Bas, la France, l'Angleterre, l'Écosse et le Pays de Galles, et aussi loin à l'ouest que l'Empire ottoman (Assis, 1988 ; Dan, 1992 ; Gampel, 1992). Le chercheur propose que certains des Juifs séfarades ayant fui en France aient par la suite formé les groupes coloniaux canadiens-français appelés Acadiens et Huguenots. Pour étayer cette hypothèse, le chercheur utilise une combinaison originale de méthodes, s'appuyant sur des documents et des artefacts historiques, des généalogies et des tests ADN. Ces dernières années, cette combinaison de méthodes a permis de découvrir que plusieurs colons de la colonie de Plymouth, des colonies des Appalaches centrales et de la colonie de Roanoke étaient d'origine juive séfarade (Hirschman et al., 2018 ; 2019a ; 2019b). Pour tester cette hypothèse, le chercheur a utilisé des bases de données ADN accessibles au public concernant les Huguenots français et les Acadiens de l'époque coloniale (www.ftdna.com) et a directement établi un lien entre ces personnes et les bases de données ADN des Juifs séfarades (www.ftdna.com). Le chercheur commence par examiner le plus ancien ouvrage historique disponible sur les Huguenots et les Acadiens : *Histoire de l'immigration huguenote en Amérique* (1885) de Charles Washington Baird.
1.1. Histoire de l'immigration huguenote en Amérique (1885)
Baird est un Canadien français de confession huguenote. Il ressort clairement de ses écrits qu'il croit fermement que les huguenots étaient authentiquement protestants, tant en France qu'à leur arrivée en Amérique du Nord. Cependant, Baird écrivait à une époque où le protestantisme était considéré comme la norme en Amérique du Nord (Glozier, 2002). Le catholicisme et le judaïsme étaient tous deux fortement suspectés socialement, perçus comme des influences « étrangères » sur la culture protestante. L'arrivée massive de catholiques irlandais au milieu du XIXe siècle et le flux déferlant de juifs d'Europe de l'Est, de catholiques italiens et de chrétiens orthodoxes dans la seconde moitié de ce siècle ont fait de la documentation de son protestantisme ouest-européen une obsession pour nombre de ceux qui résidaient déjà aux États-Unis. Ce n'est pas un hasard si de nombreuses sociétés généalogiques américaines, telles que les Colonial Dames (1890), les Daughters of the American Revolution (1890) et la Mayflower Society (1897), ont été fondées à cette époque.
Ainsi, l'ouvrage de Baird (1885) peut être considéré comme s'inscrivant dans cette même volonté de certifier ses racines ancestrales protestantes.
La tentative d'établir une colonie française en Amérique du Nord a connu des débuts difficiles.
Les explorateurs français, tels que Jacques Cartier et Samuel de Champlain, avaient exploré les côtes de ce qui est aujourd'hui la Nouvelle-Écosse, le Maine et la voie maritime du Saint-Laurent au XVIe siècle ; et, bien avant cela, des pêcheurs de morue français et basques y avaient établi des camps d'été (Adams et al., 1991 ; Lotz Heumann, 2012). Baird (1885, p. 18) rapporte que les premiers colons permanents de la Nouvelle-France furent les volontaires huguenots protestants, ainsi que des personnes « glanées dans les prisons de France ».
L’ouvrage de Baird (1885) montre que la population huguenote en France était principalement concentrée dans les ports de la côte ouest, notamment à La Rochelle, Rouen et Dieppe.
Depuis ces villes, les huguenots contrôlaient la majeure partie de l’économie française, exerçant les professions de marchands, d’armateurs transocéaniques, de banquiers et d’entrepreneurs. De plus, ces commerçants huguenots parlaient souvent plusieurs langues, comme l’anglais, l’espagnol, le néerlandais et l’allemand, et avaient des contacts d’affaires dans ces pays. Comme le souligne Baird, les huguenots étaient les moteurs de l’économie de France ; cela leur offrait une certaine protection contre l'examen du clergé catholique romain, mais engendrait également du ressentiment. En 1599, un huguenot nommé Pierre Chauvin fut chargé par le roi de France Henri IV de « coloniser l'Amérique » (Baird, 1885). Nombre d'entrepreneurs et de bailleurs de fonds du projet étaient des huguenots français de La Rochelle.
Parallèlement aux explorations françaises et à l'établissement de comptoirs commerciaux le long de ce qui allait devenir la côte du Québec et du Maine, les Britanniques étendaient également leurs efforts de colonisation au nord de la baie du Massachusetts. Comme le rapporte Baird (1885, p. 112) : « En 1621, Jacques Ier… céda à l'un de ses sujets, Sir William Alexander – futur comte de Stirling – toute la région à l'est de la rivière Sainte-Croix et au sud du Saint-Laurent… La concession comprenait toute la colonie française d'Acadie et devait être connue sous le nom de Nouvelle-Écosse. » Ce fut une bonne nouvelle pour les nombreux huguenots français qui avaient déjà émigré en Angleterre et en Écosse et souhaitaient contribuer à l'effort de colonisation anglais. Baird souligne par ailleurs que les Britanniques savaient pertinemment que plusieurs Acadiens « catholiques » étaient en réalité des protestants huguenots (Baird, 1885, p. 132).
En France, cependant, la situation politique devint rapidement plus précaire pour les huguenots. L'Église catholique romaine gagnait les faveurs de la monarchie française et, à la fin des années 1650 et au début des années 1660, un grand nombre de protestants fuyaient la France pour l'Angleterre, les Pays-Bas et leurs colonies américaines, comme la Nouvelle-Amsterdam. Finalement, en 1685, l'édit de Nantes, qui garantissait aux protestants de France leurs libertés civiles et religieuses, fut entièrement abrogé par Louis XIV (Baird 1885). Mais, même avant cela, certains lieux de culte huguenots avaient été incendiés et pillés. Comme l'écrit Baird (1885, p. 246) : « Ainsi, le temple de Saint-Hippolyte dans la région des Cévennes fut démoli en 1681, le temple de Milhaud en Languedoc fut démoli en 1682… le temple d'Usez en Languedoc fut détruit en 1676. »
Il est à noter que les Huguenots appelaient leurs lieux de culte des temples, tout comme les Juifs avant d'être exilés de Jérusalem par les Romains en 70 apr. J.-C. De plus, les passages bibliques utilisés lors du culte huguenot étaient les Psaumes de David, et non les Évangiles de Jésus. Baird (1885, p. 272) nous donne un indice supplémentaire : « (À La Rochelle) … l’entrée d’une maison huguenote d’autrefois était souvent reconnaissable à une inscription pieuse, fréquemment un texte biblique ou un verset des psaumes, à lire au-dessus de la porte ». Ceux qui connaissent le judaïsme traditionnel reconnaîtront dans cette pratique la présence d’une mezouza au portail d’entrée. Les huguenots utilisaient souvent la fleur de lys pour orner leurs portes ; ce symbole n’est pas seulement représentatif de la lignée davidique juive, mais aussi un emblème utilisé par la monarchie française, ce qui le rendait acceptable en France et dans ses colonies comme signe de soutien à la monarchie.
Source : https://ideas.repec.org/a/aui/lassij/v5 ... ly%201500s
À suivre ...