LETTRE POUR 2026 : LE QUÉBEC QU’ON PORTE ENCORE, MÊME QUAND ON DOUTE
Publié : 04 janv. 2026 19:16
Ne gagnons nous pas à tout au moins lire ce texte jusqu'à la fin en ce début de 2026? Bonne Année, chers forumiens. Je nous souhaite la Force Divine qui nous permettra d'aller jusqu'au bout!
Par Samuel Chabot
À la fin de 2025, mon Québec est fatigué, c’est indéniable.
Pas seulement fatigué des crises. Fatigué intérieurement.
Fatigué de se faire dire quoi penser. Fatigué de se sentir constamment évalué. Fatigué d’avoir l’impression qu’il faut toujours choisir un camp, un mot, une posture, sous peine d’être mal vu, mal compris ou carrément rejeté. Ma lettre ouverte à Patrick Lagacé, et les réactions qu’elle a suscitées, ont été très révélatrices pour moi à ce niveau. Merci encore, d’ailleurs.
Ça m’a fait réaliser que, malgré tout ça, quelque chose tient encore.
On le voit dans le regard des gens. Dans les silences. Dans les soupirs. Dans cette impression étrange que, peu importe d’où on vient, peu importe ce qu’on fait dans la vie, on ressent tous un malaise semblable. Comme si on avait perdu quelque chose sans trop savoir quand ni comment.
Ce message de fin d’année ne s’adresse pas à une catégorie de citoyens.
Il ne parle pas à une génération contre une autre.
Il ne vise pas une classe sociale, un métier, une idéologie.
Il s’adresse à l’humain.
À celui qui se lève tôt pour travailler.
À celui qui gère une entreprise et porte le poids de dizaines de familles sur ses épaules.
À celle qui élève ses enfants en se demandant dans quel monde ils vont grandir.
À l’aîné qui a vu le Québec changer plus vite qu’il ne l’aurait imaginé.
À celui qui dort dehors et que plus personne ne regarde vraiment.
À tous.
Parce que, sous les rôles, sous les étiquettes, sous les discours, il reste une chose que nous partageons encore : le besoin de sens, de dignité et de vérité.
Le Québec que je souhaite pour 2026 n’est pas un Québec idéalisé. C’est un Québec qui respire. Un Québec où l’on peut à nouveau parler sans avoir l’impression de marcher sur un champ de mines. Où le désaccord n’est pas automatiquement interprété comme une attaque. Où l’on peut dire « je ne suis pas d’accord » sans être réduit à une caricature.
On a oublié à quel point parler librement, c’est vital. Pas pour avoir raison. Mais pour rester sain.
Quand une société commence à se méfier de la parole de ses propres citoyens, quelque chose se fissure. Lentement et silencieusement. Et cette faille, on la sent aujourd’hui partout.
Dans les familles.
Au travail.
Entre amis.
Même à l’intérieur de soi.
Je souhaite un Québec qui cesse d’avoir peur de ses propres gens. Un Québec qui se rappelle que la liberté n’est pas une permission accordée par en haut, mais une responsabilité assumée par chacun.
La liberté, la vraie, oblige à réfléchir. À écouter. À tolérer l’inconfort. Elle n’est pas toujours confortable, mais elle est essentielle.
On nous a trop souvent vendu, dans les dernières années, l’idée que protéger voulait dire contrôler. Que sécuriser voulait dire encadrer jusqu’à étouffer. Que prévenir voulait dire interdire.
Mais une société qui élimine toute friction humaine finit par éliminer l’humain lui-même.
Je souhaite un Québec qui comprend que la vie comporte des risques, des erreurs, des zones grises. Et que vouloir tout neutraliser mène à une société rigide, anxieuse et méfiante. Une société qui a peur de vivre.
Je souhaite un Québec qui redonne de la valeur au réel.
Pas au récit.
Pas à l’image.
Pas à la version officielle.
Au réel vécu.
Le réel des parents épuisés.
Le réel des travailleurs qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts.
Le réel des entrepreneurs étouffés par des structures déconnectées.
Le réel des jeunes qui sentent qu’on leur ment sur leur avenir.
Le réel des aînés qui ont l’impression qu’on efface ce qu’ils ont bâti.
Le réel n’est pas toujours propre. Il n’est pas toujours rassurant. Ce serait un mensonge que de prétendre le contraire.
Mais il est vrai. Et sans vérité, aucune société ne peut tenir longtemps.
Je souhaite un Québec qui cesse de moraliser chaque désaccord. Où l’on arrête d’utiliser la vertu comme une arme. Où l’on comprend que traiter quelqu’un d’ignorant, de dangereux ou d’indigne n’a jamais convaincu personne.
On ne rassemble pas en humiliant.
On ne convainc pas en écrasant.
On ne bâtit pas en excluant.
Je souhaite un Québec qui retrouve le goût de se parler pour vrai. Pas pour gagner. Pas pour dominer l’autre. Mais pour comprendre.
Comprendre ne veut pas dire être d’accord.
Ça veut dire reconnaître l’autre comme un être humain légitime, avec ses réalités propres.
Je souhaite un Québec qui se rappelle que la solidarité commence toujours à hauteur d’homme. Dans un regard. Dans un geste. Dans une responsabilité assumée. Pas uniquement dans un programme politique ou un slogan de podcast.
Une société solidaire, ce n’est pas une société où l’État fait tout.
C’est une société où les gens ne se déresponsabilisent pas.
Je souhaite un Québec qui valorise le travail sans mépriser ceux qui tombent. Qui encourage l’effort sans écraser les fragiles. Qui aide sans infantiliser. Qui exige sans humilier. Et qui conseille sans imposer.
Parce que la dignité humaine passe par la reconnaissance de la capacité de chacun à se relever et à choisir.
Je souhaite un Québec qui cesse de mentir aux enfants. Qui leur parle avec respect. Qui leur dit que la vie est exigeante, parfois dure, mais qu’elle vaut la peine d’être vécue pleinement. Qu’ils ne sont pas faibles. Qu’ils sont capables.
Les jeunes n’ont pas besoin d’être protégés de la réalité. Ils ont besoin d’être préparés à y faire face.
Je souhaite un Québec qui redonne une place centrale aux liens humains. À la famille. À l’amitié. À la communauté. Pas comme des concepts abstraits, mais comme des ancrages réels.
Quand les liens se fragilisent, tout le reste devient plus lourd. Les institutions ne peuvent pas remplacer l’affection. Les règlements ne peuvent pas remplacer la présence. Les systèmes ne peuvent pas remplacer l’humain.
Je souhaite un Québec qui retrouve le sens de la limite. Non pas comme une contrainte oppressive, mais comme une balise. Les limites structurent. Elles donnent un cadre. Elles permettent la liberté plutôt que de la détruire.
Je souhaite un Québec qui arrête de gouverner par la peur. La peur fatigue. Elle divise. Elle isole. Elle rend docile. Une société qui avance par la peur finit toujours par accepter ce qu’elle aurait refusé en temps normal.
Je souhaite un Québec qui se tient debout. Pas dans l’arrogance, mais dans la lucidité. Un Québec qui n’attend plus d’être sauvé. Qui comprend que personne ne viendra faire le travail à sa place. Pas même votre politicien préféré.
Que la responsabilité collective commence par la responsabilité individuelle, rien d’autre.
Un Québec capable de se regarder honnêtement. De reconnaître ses erreurs. De corriger le tir. Sans s’autodétruire. Sans se renier. Sans accuser l’autre de « Québec bashing » dès qu’il émet des constats sociaux.
À la fin de 2025, je ne souhaite pas un Québec parfait.
Je souhaite un Québec vivant.
Un Québec qui ose.
Un Québec qui parle.
Un Québec qui assume.
Un Québec qui rassemble sans uniformiser.
Un Québec qui se souvient que, malgré tout, malgré les tensions, malgré les fractures, nous partageons encore quelque chose de plus fort que ce qui nous divise :
Notre humanité commune.
Et tant que ça tiendra, tout reste possible.
Je vous souhaite à tous une excellente année 2026.
À vous-mêmes.
À nous tous.
Au Québec.
Samuel Chabot
Par Samuel Chabot
À la fin de 2025, mon Québec est fatigué, c’est indéniable.
Pas seulement fatigué des crises. Fatigué intérieurement.
Fatigué de se faire dire quoi penser. Fatigué de se sentir constamment évalué. Fatigué d’avoir l’impression qu’il faut toujours choisir un camp, un mot, une posture, sous peine d’être mal vu, mal compris ou carrément rejeté. Ma lettre ouverte à Patrick Lagacé, et les réactions qu’elle a suscitées, ont été très révélatrices pour moi à ce niveau. Merci encore, d’ailleurs.
Ça m’a fait réaliser que, malgré tout ça, quelque chose tient encore.
On le voit dans le regard des gens. Dans les silences. Dans les soupirs. Dans cette impression étrange que, peu importe d’où on vient, peu importe ce qu’on fait dans la vie, on ressent tous un malaise semblable. Comme si on avait perdu quelque chose sans trop savoir quand ni comment.
Ce message de fin d’année ne s’adresse pas à une catégorie de citoyens.
Il ne parle pas à une génération contre une autre.
Il ne vise pas une classe sociale, un métier, une idéologie.
Il s’adresse à l’humain.
À celui qui se lève tôt pour travailler.
À celui qui gère une entreprise et porte le poids de dizaines de familles sur ses épaules.
À celle qui élève ses enfants en se demandant dans quel monde ils vont grandir.
À l’aîné qui a vu le Québec changer plus vite qu’il ne l’aurait imaginé.
À celui qui dort dehors et que plus personne ne regarde vraiment.
À tous.
Parce que, sous les rôles, sous les étiquettes, sous les discours, il reste une chose que nous partageons encore : le besoin de sens, de dignité et de vérité.
Le Québec que je souhaite pour 2026 n’est pas un Québec idéalisé. C’est un Québec qui respire. Un Québec où l’on peut à nouveau parler sans avoir l’impression de marcher sur un champ de mines. Où le désaccord n’est pas automatiquement interprété comme une attaque. Où l’on peut dire « je ne suis pas d’accord » sans être réduit à une caricature.
On a oublié à quel point parler librement, c’est vital. Pas pour avoir raison. Mais pour rester sain.
Quand une société commence à se méfier de la parole de ses propres citoyens, quelque chose se fissure. Lentement et silencieusement. Et cette faille, on la sent aujourd’hui partout.
Dans les familles.
Au travail.
Entre amis.
Même à l’intérieur de soi.
Je souhaite un Québec qui cesse d’avoir peur de ses propres gens. Un Québec qui se rappelle que la liberté n’est pas une permission accordée par en haut, mais une responsabilité assumée par chacun.
La liberté, la vraie, oblige à réfléchir. À écouter. À tolérer l’inconfort. Elle n’est pas toujours confortable, mais elle est essentielle.
On nous a trop souvent vendu, dans les dernières années, l’idée que protéger voulait dire contrôler. Que sécuriser voulait dire encadrer jusqu’à étouffer. Que prévenir voulait dire interdire.
Mais une société qui élimine toute friction humaine finit par éliminer l’humain lui-même.
Je souhaite un Québec qui comprend que la vie comporte des risques, des erreurs, des zones grises. Et que vouloir tout neutraliser mène à une société rigide, anxieuse et méfiante. Une société qui a peur de vivre.
Je souhaite un Québec qui redonne de la valeur au réel.
Pas au récit.
Pas à l’image.
Pas à la version officielle.
Au réel vécu.
Le réel des parents épuisés.
Le réel des travailleurs qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts.
Le réel des entrepreneurs étouffés par des structures déconnectées.
Le réel des jeunes qui sentent qu’on leur ment sur leur avenir.
Le réel des aînés qui ont l’impression qu’on efface ce qu’ils ont bâti.
Le réel n’est pas toujours propre. Il n’est pas toujours rassurant. Ce serait un mensonge que de prétendre le contraire.
Mais il est vrai. Et sans vérité, aucune société ne peut tenir longtemps.
Je souhaite un Québec qui cesse de moraliser chaque désaccord. Où l’on arrête d’utiliser la vertu comme une arme. Où l’on comprend que traiter quelqu’un d’ignorant, de dangereux ou d’indigne n’a jamais convaincu personne.
On ne rassemble pas en humiliant.
On ne convainc pas en écrasant.
On ne bâtit pas en excluant.
Je souhaite un Québec qui retrouve le goût de se parler pour vrai. Pas pour gagner. Pas pour dominer l’autre. Mais pour comprendre.
Comprendre ne veut pas dire être d’accord.
Ça veut dire reconnaître l’autre comme un être humain légitime, avec ses réalités propres.
Je souhaite un Québec qui se rappelle que la solidarité commence toujours à hauteur d’homme. Dans un regard. Dans un geste. Dans une responsabilité assumée. Pas uniquement dans un programme politique ou un slogan de podcast.
Une société solidaire, ce n’est pas une société où l’État fait tout.
C’est une société où les gens ne se déresponsabilisent pas.
Je souhaite un Québec qui valorise le travail sans mépriser ceux qui tombent. Qui encourage l’effort sans écraser les fragiles. Qui aide sans infantiliser. Qui exige sans humilier. Et qui conseille sans imposer.
Parce que la dignité humaine passe par la reconnaissance de la capacité de chacun à se relever et à choisir.
Je souhaite un Québec qui cesse de mentir aux enfants. Qui leur parle avec respect. Qui leur dit que la vie est exigeante, parfois dure, mais qu’elle vaut la peine d’être vécue pleinement. Qu’ils ne sont pas faibles. Qu’ils sont capables.
Les jeunes n’ont pas besoin d’être protégés de la réalité. Ils ont besoin d’être préparés à y faire face.
Je souhaite un Québec qui redonne une place centrale aux liens humains. À la famille. À l’amitié. À la communauté. Pas comme des concepts abstraits, mais comme des ancrages réels.
Quand les liens se fragilisent, tout le reste devient plus lourd. Les institutions ne peuvent pas remplacer l’affection. Les règlements ne peuvent pas remplacer la présence. Les systèmes ne peuvent pas remplacer l’humain.
Je souhaite un Québec qui retrouve le sens de la limite. Non pas comme une contrainte oppressive, mais comme une balise. Les limites structurent. Elles donnent un cadre. Elles permettent la liberté plutôt que de la détruire.
Je souhaite un Québec qui arrête de gouverner par la peur. La peur fatigue. Elle divise. Elle isole. Elle rend docile. Une société qui avance par la peur finit toujours par accepter ce qu’elle aurait refusé en temps normal.
Je souhaite un Québec qui se tient debout. Pas dans l’arrogance, mais dans la lucidité. Un Québec qui n’attend plus d’être sauvé. Qui comprend que personne ne viendra faire le travail à sa place. Pas même votre politicien préféré.
Que la responsabilité collective commence par la responsabilité individuelle, rien d’autre.
Un Québec capable de se regarder honnêtement. De reconnaître ses erreurs. De corriger le tir. Sans s’autodétruire. Sans se renier. Sans accuser l’autre de « Québec bashing » dès qu’il émet des constats sociaux.
À la fin de 2025, je ne souhaite pas un Québec parfait.
Je souhaite un Québec vivant.
Un Québec qui ose.
Un Québec qui parle.
Un Québec qui assume.
Un Québec qui rassemble sans uniformiser.
Un Québec qui se souvient que, malgré tout, malgré les tensions, malgré les fractures, nous partageons encore quelque chose de plus fort que ce qui nous divise :
Notre humanité commune.
Et tant que ça tiendra, tout reste possible.
Je vous souhaite à tous une excellente année 2026.
À vous-mêmes.
À nous tous.
Au Québec.
Samuel Chabot