GBS VS PERTE DE CONTACT AVEC LA RÉALITÉ
Publié : 09 mars 2026 11:47
UNE GUERRE OÙ CONVERGENT LES FANATISMES RELIGIEUX
Boucar Diouf
LORSQUE J’ÉVOQUE LE FANATISME RELIGIEUX DANS MON TITRE, JE NE PENSE PAS SEULEMENT AUX BARBUS QUI, AU NOM DE DIEU, MASSACRENT DEPUIS DES ANNÉES LES JEUNES IRANIENS QUI RÉCLAMENT LE DROIT DE CÉLÉBRER LA VIE AVANT LA MORT.
Il y a aussi la part des juifs extrémistes qui maintiennent Benyamin Nétanyahou au pouvoir et applaudissent toutes ses entreprises mortifères, y compris le génocide palestinien. Le troisième fanatisme qui squatte cette guerre est celui de la frange sioniste des chrétiens évangéliques américains. C’est sur cette mouvance qui croit que le destin d’Israël est au centre des plans divins pour la fin des temps que je veux disserter.
Pour les tenants de cette école théologique qui relève du « dispensationalisme », bien plus que la simple naissance d’un État juif, la création d’Israël en 1948 incorpore une dimension prophétique. Selon leur interprétation des textes sacrés, Israël doit retrouver ses frontières bibliques pour que le retour de Jésus, qui marquera le début de l’Armageddon, cet « affrontement » ultime entre les forces du mal et celles du bien, puisse se produire.
C’est la raison principale pour laquelle des adeptes de cette vision soutiennent indéfectiblement l’État hébreu. Derrière leur engagement, il y a ce passage de la Genèse (12:3) où Dieu parle à Abraham en ces termes : « Je bénirai ceux qui te béniront. » Un message que les chrétiens sionistes interprètent comme une promesse de grâce divine à l’égard de ceux qui béniront la descendance d’Abraham.
Pour cette raison, ils militent pour un soutien militaire et financier sans borne des États-Unis à l’égard d’Israël.
UNE PARTIE DE CES RELIGIEUX CROIT AUSSI QUE JUSTE AVANT LES SEPT ANNÉES DE TRIBULATIONS, JÉSUS-CHRIST RAVIRA LES « VRAIS CROYANTS » POUR LES CONVOYER VERS LE PARADIS, LES PROTÉGEANT AINSI DES TERRIBLES SOUFFRANCES QUI AFFLIGERONT CEUX QUI, COMME BOUCAR DIOUF, SONT DU MAUVAIS CÔTÉ DE LA FORCE.
D’influents religieux proches du mouvement MAGA sont habités par cette croyance. On peut nommer Mike Evans, fondateur du Friends of Zion Heritage Center à Jérusalem, et Pat Robertson, fondateur de la chaîne Christian Broadcasting Network. Il y a aussi le pasteur texan et figure emblématique du sionisme chrétien John Hagee, qui est à la tête de l’organisation Chrétiens unis pour Israël et considère le soutien à Israël comme une obligation biblique.
Plus proche de l’oreille de Donald Trump, Paula White-Cain, responsable du « Bureau de la foi » de la Maison-Blanche, est aussi une figure importante du sionisme chrétien. Cependant, celui qui a récemment fait couler beaucoup d’encre sur le sujet est l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee.
Je vous conseille d’écouter sa rencontre avec Tucker Carlson, qui date du 20 février dernier. Pendant cette entrevue, évoquant la promesse faite par Dieu à Abraham de lui céder les terres s’étendant du Nil à l’Euphrate, il a déclaré qu’Israël possédait un « droit biblique » sur une grande partie du Moyen-Orient. Le « Grand Israël » de M. Huckabee inclurait donc en totalité ou en partie des États comme la Palestine, la Jordanie, le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Égypte, etc.
Il y a de quoi angoisser. Maintenant, quelle est la place de Donald Trump et de son gouvernement dans cette nébuleuse messianique ? Une frange des chrétiens sionistes compare M. Trump au roi Cyrus II, appelé aussi Cyrus le Grand (559-530 av. J.-C.).
Ironiquement – alors que l’Iran est enseveli sous les bombes de M. Trump –, Cyrus le Grand était perse. La Bible hébraïque glorifie ce roi dont les actions ont permis indirectement de libérer les Juifs. Donald serait donc la projection américaine de ce conquérant qui avait vaincu Babylone et libéré les Juifs de la captivité. Ce qui leur avait permis de retourner à la Terre promise et d’entreprendre la reconstruction du temple de Jérusalem.
DONALD TRUMP SYMBOLISERAIT CE PERSONNAGE IMPARFAIT PAR LEQUEL LA PROPHÉTIE DE L’APOCALYPSE SE RÉALISERA. C’EST EN PARTIE POUR CETTE RAISON QUE DES ÉLITES RELIGIEUSES ÉVANGÉLIQUES FERMENT LES YEUX SUR SES PÉCHÉS, SI INCOMPATIBLES AVEC LES VALEURS CHRÉTIENNES SOIENT-ILS.
Ils applaudissent aussi sa connivence avec Nétanyahou dans cette croisade contre l’Iran. Leur projet semble facilité par le fait que Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, se dit ouvertement chrétien sioniste. Marco Rubio (secrétaire d’État), J.D. Vance (vice-président) et Mike Waltz (conseiller à la sécurité nationale) adhèrent aussi à différents degrés à ce mysticisme pro-israélien.
Ce que j’essaie de dire, c’est que cette guerre qui secoue la planète est aussi un lieu de convergence de fanatismes religieux. Ce sont des chrétiens sionistes qui travaillent à imposer leur programme à Donald Trump qui joignent leurs forces à celles des partis ultraorthodoxes israéliens pour affronter l’eschatologie de la théocratie iranienne qui place les lois divines au-dessus de la raison d’État.
Tous les ingrédients sont donc là pour que ça dérape. En cause, lorsque des fanatiques religieux s’affrontent, les rivaux politiques deviennent des adversaires métaphysiques et la diplomatie pragmatique disparaît. Il reste à espérer que cela ne débouche pas sur une forme d’Armageddon, car même s’il peut prendre une pause, ce type de guerre qui mélange religion et politique est sans fin.
Source : https://www.lapresse.ca/actualites/chro ... igieux.php
Vraiment, des malades …

Boucar Diouf
LORSQUE J’ÉVOQUE LE FANATISME RELIGIEUX DANS MON TITRE, JE NE PENSE PAS SEULEMENT AUX BARBUS QUI, AU NOM DE DIEU, MASSACRENT DEPUIS DES ANNÉES LES JEUNES IRANIENS QUI RÉCLAMENT LE DROIT DE CÉLÉBRER LA VIE AVANT LA MORT.
Il y a aussi la part des juifs extrémistes qui maintiennent Benyamin Nétanyahou au pouvoir et applaudissent toutes ses entreprises mortifères, y compris le génocide palestinien. Le troisième fanatisme qui squatte cette guerre est celui de la frange sioniste des chrétiens évangéliques américains. C’est sur cette mouvance qui croit que le destin d’Israël est au centre des plans divins pour la fin des temps que je veux disserter.
Pour les tenants de cette école théologique qui relève du « dispensationalisme », bien plus que la simple naissance d’un État juif, la création d’Israël en 1948 incorpore une dimension prophétique. Selon leur interprétation des textes sacrés, Israël doit retrouver ses frontières bibliques pour que le retour de Jésus, qui marquera le début de l’Armageddon, cet « affrontement » ultime entre les forces du mal et celles du bien, puisse se produire.
C’est la raison principale pour laquelle des adeptes de cette vision soutiennent indéfectiblement l’État hébreu. Derrière leur engagement, il y a ce passage de la Genèse (12:3) où Dieu parle à Abraham en ces termes : « Je bénirai ceux qui te béniront. » Un message que les chrétiens sionistes interprètent comme une promesse de grâce divine à l’égard de ceux qui béniront la descendance d’Abraham.
Pour cette raison, ils militent pour un soutien militaire et financier sans borne des États-Unis à l’égard d’Israël.
UNE PARTIE DE CES RELIGIEUX CROIT AUSSI QUE JUSTE AVANT LES SEPT ANNÉES DE TRIBULATIONS, JÉSUS-CHRIST RAVIRA LES « VRAIS CROYANTS » POUR LES CONVOYER VERS LE PARADIS, LES PROTÉGEANT AINSI DES TERRIBLES SOUFFRANCES QUI AFFLIGERONT CEUX QUI, COMME BOUCAR DIOUF, SONT DU MAUVAIS CÔTÉ DE LA FORCE.
D’influents religieux proches du mouvement MAGA sont habités par cette croyance. On peut nommer Mike Evans, fondateur du Friends of Zion Heritage Center à Jérusalem, et Pat Robertson, fondateur de la chaîne Christian Broadcasting Network. Il y a aussi le pasteur texan et figure emblématique du sionisme chrétien John Hagee, qui est à la tête de l’organisation Chrétiens unis pour Israël et considère le soutien à Israël comme une obligation biblique.
Plus proche de l’oreille de Donald Trump, Paula White-Cain, responsable du « Bureau de la foi » de la Maison-Blanche, est aussi une figure importante du sionisme chrétien. Cependant, celui qui a récemment fait couler beaucoup d’encre sur le sujet est l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee.
Je vous conseille d’écouter sa rencontre avec Tucker Carlson, qui date du 20 février dernier. Pendant cette entrevue, évoquant la promesse faite par Dieu à Abraham de lui céder les terres s’étendant du Nil à l’Euphrate, il a déclaré qu’Israël possédait un « droit biblique » sur une grande partie du Moyen-Orient. Le « Grand Israël » de M. Huckabee inclurait donc en totalité ou en partie des États comme la Palestine, la Jordanie, le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Égypte, etc.
Il y a de quoi angoisser. Maintenant, quelle est la place de Donald Trump et de son gouvernement dans cette nébuleuse messianique ? Une frange des chrétiens sionistes compare M. Trump au roi Cyrus II, appelé aussi Cyrus le Grand (559-530 av. J.-C.).
Ironiquement – alors que l’Iran est enseveli sous les bombes de M. Trump –, Cyrus le Grand était perse. La Bible hébraïque glorifie ce roi dont les actions ont permis indirectement de libérer les Juifs. Donald serait donc la projection américaine de ce conquérant qui avait vaincu Babylone et libéré les Juifs de la captivité. Ce qui leur avait permis de retourner à la Terre promise et d’entreprendre la reconstruction du temple de Jérusalem.
DONALD TRUMP SYMBOLISERAIT CE PERSONNAGE IMPARFAIT PAR LEQUEL LA PROPHÉTIE DE L’APOCALYPSE SE RÉALISERA. C’EST EN PARTIE POUR CETTE RAISON QUE DES ÉLITES RELIGIEUSES ÉVANGÉLIQUES FERMENT LES YEUX SUR SES PÉCHÉS, SI INCOMPATIBLES AVEC LES VALEURS CHRÉTIENNES SOIENT-ILS.
Ils applaudissent aussi sa connivence avec Nétanyahou dans cette croisade contre l’Iran. Leur projet semble facilité par le fait que Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, se dit ouvertement chrétien sioniste. Marco Rubio (secrétaire d’État), J.D. Vance (vice-président) et Mike Waltz (conseiller à la sécurité nationale) adhèrent aussi à différents degrés à ce mysticisme pro-israélien.
Ce que j’essaie de dire, c’est que cette guerre qui secoue la planète est aussi un lieu de convergence de fanatismes religieux. Ce sont des chrétiens sionistes qui travaillent à imposer leur programme à Donald Trump qui joignent leurs forces à celles des partis ultraorthodoxes israéliens pour affronter l’eschatologie de la théocratie iranienne qui place les lois divines au-dessus de la raison d’État.
Tous les ingrédients sont donc là pour que ça dérape. En cause, lorsque des fanatiques religieux s’affrontent, les rivaux politiques deviennent des adversaires métaphysiques et la diplomatie pragmatique disparaît. Il reste à espérer que cela ne débouche pas sur une forme d’Armageddon, car même s’il peut prendre une pause, ce type de guerre qui mélange religion et politique est sans fin.
Source : https://www.lapresse.ca/actualites/chro ... igieux.php
Vraiment, des malades …